Le rugby à XIII est l’un des deux grands codes du rugby, distinct du rugby à XV par ses règles, son rythme et son histoire. Pour bien le comprendre, il suffit de retenir trois marqueurs : treize joueurs par équipe, un jeu organisé autour des six tenus, et un décompte des points qui lui est propre. Cette page fait le tour de l’essentiel : ce qu’est le rugby à XIII, ce qui le distingue de son cousin à XV, d’où il vient, où le regarder et qui le pratique.
Treize joueurs, six tenus, un essai à quatre points : le rugby à XIII tient dans trois marqueurs simples.
⚡L’essentiel en bref
- Deux équipes de treize joueurs, plus quatre remplaçants sur le banc.
- Le jeu est organisé autour de six tenus, après quoi le ballon change de camp.
- Décompte des points : essai 4, transformation 2, pénalité 2, drop 1.
- Né de la scission de 1895 en Angleterre, implanté en France depuis 1934.
- Visible aujourd’hui en Super League (Europe) et en NRL (Australie).
Qu’est-ce que le rugby à XIII ?
Le rugby à XIII oppose deux équipes de treize joueurs sur un terrain rectangulaire, avec un ballon ovale. L’objectif est le même qu’au rugby à XV : aplatir le ballon dans l’en-but adverse pour marquer un essai, ou le faire passer entre les poteaux au pied. Le ballon se passe à la main vers l’arrière et se joue au pied vers l’avant.
Ce qui change vraiment, c’est la façon dont le jeu se poursuit après chaque plaquage. En anglais, le rugby à XIII s’appelle rugby league, par opposition au rugby union qui désigne le XV. Les deux sports descendent d’une même racine, mais ils ont divergé il y a plus d’un siècle.
D’où vient le rugby à XIII ?
Le rugby à XIII est né d’une rupture. Le 29 août 1895, au George Hotel de Huddersfield, dans le nord de l’Angleterre, vingt et un clubs quittent la Rugby Football Union pour fonder la Northern Rugby Football Union, ancêtre de la rugby league. En cause : ces clubs, composés d’ouvriers, réclamaient une compensation financière pour les joueurs contraints de manquer leur travail afin de jouer (les broken time payments). L’establishment du sud, attaché à un amateurisme strict, refuse. La scission est consommée.
Affranchis de cette tutelle, les clubs du Nord font évoluer les règles pour rendre le jeu plus rapide et plus lisible : ils suppriment la touche, allègent les phases de conquête et réduisent progressivement le nombre de joueurs, fixé à treize. L’Australie et la Nouvelle-Zélande adoptent rapidement ce nouveau code, qui s’installe comme un sport à part entière.
Ce qui distingue le rugby à XIII du rugby à XV
Pour un spectateur venu du XV, plusieurs différences sautent aux yeux. Voici les principales, mises côte à côte.
| Élément | Rugby à XIII | Rugby à XV |
|---|---|---|
| Joueurs sur le terrain | 13 | 15 |
| Après le plaquage | Tenu (play-the-ball) | Ruck ou maul |
| Conservation du ballon | Limitée à six tenus | Pas de limite de phases |
| Touche | Non | Oui |
| Mêlée | Non disputée, symbolique | Disputée, phase de conquête |
| Essai | 4 points | 5 points |
| Transformation | 2 points | 2 points |
| Pénalité au pied | 2 points | 3 points |
| Drop | 1 point | 3 points |
La règle la plus caractéristique est celle des six tenus. À chaque plaquage, le porteur du ballon est tenu. L’équipe attaquante dispose de six tenus consécutifs pour progresser et marquer. Si elle n’y parvient pas, elle rend le ballon à l’adversaire, le plus souvent en le dégageant au pied dès le cinquième tenu pour gagner du terrain. Ce compteur donne au rugby à XIII son tempo si particulier : pas de conservation interminable, chaque possession a une échéance.
Après le plaquage, le jeu reprend par le tenu, aussi appelé play-the-ball : le joueur plaqué se relève, pose le ballon au sol et le talonne vers l’arrière à un coéquipier, le relayeur. Il n’y a pas de lutte pour le ballon au sol comme au rugby à XV. La touche n’existe pas, et la mêlée n’est pas réellement disputée : elle sert seulement à relancer le jeu, notamment après un en-avant, sans véritable poussée.
Comment marque-t-on des points ?
Au rugby à XIII, l’essai vaut 4 points, contre 5 au rugby à XV. Il se marque en aplatissant le ballon dans l’en-but adverse. Il ouvre droit à une transformation, un coup de pied qui rapporte 2 points supplémentaires. La pénalité au pied vaut elle aussi 2 points. Le drop, ballon lâché des mains puis frappé au pied juste après le rebond, rapporte 1 point. Un essai transformé totalise donc 6 points.
Le déroulement d’un match
Un match de rugby à XIII se joue en deux mi-temps de quarante minutes, séparées par une pause d’une dizaine de minutes. Chaque équipe aligne treize joueurs et dispose de quatre remplaçants sur le banc, qui peuvent entrer et sortir plusieurs fois au cours de la rencontre.
Les postes vont des avants, puissants et chargés de l’impact, aux trois-quarts, plus rapides et chargés de finir les actions. Entre les deux, les demis, dont le demi de mêlée, orchestrent le jeu et dictent le rythme des six tenus.
Le rugby à XIII en France, une histoire singulière
Le rugby à XIII arrive en France dans les années 1930. Le 31 décembre 1933, un match de démonstration entre l’Australie et l’Angleterre attire près de 20 000 spectateurs au stade Pershing, à Paris. L’ancien international de rugby à XV Jean Galia s’empare alors du projet : il fonde la Ligue française de rugby à XIII le 6 avril 1934 et emmène dès le mois de mars une sélection de joueurs français en tournée d’apprentissage en Angleterre. Le sport prend vite : à la veille de la guerre, en 1939, la France compte déjà plus de 200 clubs.
Cet essor est brutalement interrompu. Le 19 décembre 1941, un décret du régime de Vichy signé par le maréchal Pétain dissout la Ligue française de rugby à XIII et transfère son patrimoine. Le rugby à XIII est purement et simplement interdit. Il renaît après la Libération, mais ne récupère jamais les biens confisqués, un handicap dont il portera longtemps la trace. Cette histoire, douloureuse et largement méconnue, explique en partie pourquoi le treize est resté minoritaire en France face au quinze.
Sous Vichy, le rugby à XIII est interdit par décret en décembre 1941, et son patrimoine confisqué : la cicatrice marquera durablement le sport en France.
La France a pourtant marqué l’histoire du sport. C’est elle qui, sous l’impulsion du dirigeant Paul Barrière, organise et finance la toute première Coupe du monde de rugby à XIII, en 1954. Il s’agissait de la première Coupe du monde de l’histoire du rugby, tous codes confondus.
Où regarder et pratiquer le rugby à XIII aujourd’hui
Le rugby à XIII se concentre aujourd’hui sur quelques bastions. En Australie, la National Rugby League (NRL) est le championnat le plus relevé et le plus suivi du sport. En Europe, la Super League réunit les meilleurs clubs anglais et français. La France y est représentée par deux clubs : les Dragons Catalans, installés à Perpignan, et le Toulouse Olympique XIII. Les Dragons Catalans ont notamment remporté la Challenge Cup en 2018, devenant le premier club non anglais à inscrire son nom au palmarès de cette coupe historique.
En France, le rugby à XIII garde un ancrage fort dans le Sud, en particulier en Occitanie, autour de l’Aude (Carcassonne, Lézignan, Limoux) et du Tarn. Le pays dispose de son propre championnat national et d’un large tissu de clubs amateurs. Pour suivre le rugby à XIII, plusieurs rencontres de Super League impliquant les clubs français sont diffusées chaque saison, à la télévision comme en streaming.
🏉Pour aller plus loin
Pour creuser un point précis, voici les pages dédiées du même cocon :
- Les règles du rugby à XIII expliquées simplement
- Rugby à XIII ou rugby à XV : quelles différences
- Le système des six tenus, comment ça marche
- Comment compte-t-on les points au rugby à XIII
- Les postes au rugby à XIII et leurs rôles
- Le lexique du rugby à XIII de A à Z
- Combien de temps dure un match de rugby à XIII
- Les principales fautes au rugby à XIII
- Terrain et équipement du rugby à XIII